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Armes : qui a besoin du psy ?

De l'inanité de la reprise automatique du droit européen en Suisse et de la tendance qu'ont les administrations à infantiliser le citoyen.

Emboîtant le pas à un « tour de vis » de la législation européenne, la Confédération s’apprête, selon la Basler Zeitung, à soumettre les détenteurs d’armes à des tests psychologiques. En dépit des exonérations prévues, paraît-il, pour certaines catégories d’utilisateurs, cette mesure frapperait une grande proportion des citoyens suisses.

Cette démarche monte à la fois l’absurdité d’une reprise automatique du droit européen et l’obséquiosité de nos élites gouvernantes à l’égard d’un mastodonte bureaucratique qui a perdu tout contact avec la réalité.

L’origine de cette aberration se situe dans une révision de la directive européenne sur les armes à feu décrétée par le Conseil des ministres de l’Intérieur de l’UE adoptée « sur fond de lutte antiterroriste ». Il ne nous appartient pas à nous, Suisses, de commenter les décisions de nos voisins, même s’il est notoire que les armes du crime et de la terreur sont presque toujours des armes illégalement détenues. Mais il ne nous incombe pas non plus d’essuyer les plâtres de leur politique erratique.

Les premiers à devoir être suivis psychologiquement, en effet, sont ces ministres et chefs d’États membres de l’UE, comme la France, qui soutiennent des mouvements terroristes islamiques et contribuent à les armer. Les citoyens n’ayant pas leur mot à dire dans cette Union soi-disant démocratique, on leur fait porter le chapeau d’une politique criminelle dont les conséquences seront incommensurables. Cette nouvelle chicane fera rire les terroristes, mais laissera une entaille de plus dans les libertés civiques des Européens.

Qu’avons-nous, Suisses, à voir avec cela ? Notre destinée nationale est spécifique, faute de quoi nous serions déjà membres de cet empire qui nous cerne de toutes parts. Elle est liée à notre histoire, à nos traditions, à nos mentalités. Nous n’avons pas connu la dictature, notre seul conflit religieux fut bref et limité, nous ne nous inclinons pas devant les rois et les barons et nous n’avons pas non plus inventé la république totalitaire qui dévore ses propres enfants. Nous sommes des gens libres et souverains. Grâce à cette conscience ancrée au cœur de chaque Suisse, nous avons évité les tentations totalitaires qui ont défini le XXe siècle européen — et les terribles guerres qu’elles ont provoquées.

Chez nous, depuis des siècles, l’arme de guerre n’est pas un symbole de conquête ni de force virile, mais de défense de valeurs incontestables. La paix, l’équité, la souveraineté, le droit. La libre possession d’armes de sport, de chasse et de combat est l’une des marques distinctives de la citoyenneté suisse. Elle rappelle que le citoyen-soldat, le citoyen-législateur, est le véritable et unique porteur de la souveraineté helvétique. La criminalité liée à la détention légale d’armes est infime (environ 2 % des cas) et nous ne connaissons pas non plus le terrorisme sanglant qui frappe les pays de l’UE ayant trempé dans les conflits au Moyen-Orient.

Ayant tout cela en vue, on mesure l’iniquité et l’humiliation que représenterait la reprise, même partielle, d’une telle mesure chez nous.

Au-delà du cas particulier de la détention d’armes, le fait même qu’une telle scélératesse soit prise en considération témoigne d’une tendance plus profonde de l’administration. Dans l’UE, on ne cesse de vouloir rééduquer non seulement les détenteurs d’armes, mais même les électeurs qui votent « mal ». En Suisse, la manie de la psychiatrisation se manifeste jusque dans les systèmes éducatifs et la législation routière. J’ai ainsi connaissance du cas d’un homme qui, sous la loi Via sicura, s’est vu assigner 18 séances de psychologie sans aucun objet pour pouvoir récupérer son permis de conduire retiré pour… un excès de vitesse !

Afin d’établir son pouvoir autoritaire et échapper à tout contrôle démocratique, la classe technocratique et judiciaire s’emploie à déresponsabiliser le citoyen, le « psychiatriser », l’infantiliser, le ligoter dans les entraves administratives et lui faire perdre confiance en lui-même.

Il faut s’opposer à ces dérives bureaucratiques dont nous sommes les témoins. Non à cause du commerce des armes, mais à cause de la représentation dégradée de l’être humain qu’elles impliquent. Nous avons tous notre dignité d’êtres humains et de citoyens. La condition première de la démocratie consiste en la confiance accordée au citoyen. Une démocratie reposant sur des individus bridés, fliqués et « potentiellement dangereux » glisserait sans peine dans la dictature.

En tant que conseiller d’État en charge de la sécurité dans mon canton, je réprouve cette mesure et recommande sa non-application.

En tant que vice-président de l’UDC suisse, je m’en félicite. Par cette nouvelle ineptie, la Confédération a démontré elle-même l’inanité de la reprise automatique ou semi-automatique du droit européen. Et elle fournit des arguments de choix à l’affirmation constitutionnelle de la primauté du droit suisse sur le droit étranger.

Eric Felley se fait sauter avec sa propre bombe!

M. Eric Felley, dans Le Matin de ce jour, clame que l’Etat du Valais serait « pris en otage » par la nomination « bricolée » de Jean-Marie Cleusix au collège de St-Maurice. Il dénonce la « double erreur de casting » que représenterait le choix de cet homme au DFS, hier en tant que chef du service de l’enseignement, aujourd’hui en tant que professeur.

En somme, ce pauvre M. Cleusix serait un incompétent notoire, repéré comme tel de longue date, et qu’on ne pourrait que jeter à la rue! Pour enfoncer le clou, Eric Felley met en vedette l’opinion de René Constantin, le président du PLR valaisan.

Lorsqu’on manipule les gaz toxiques, M. Felley, il vaut mieux s’assurer d’abord de la direction du vent. Inviter le PLR à faire le procès de Jean-Marie Cleusix est pour le moins hasardeux.

Pour rappel : j’ai « hérité » de M. Cleusix en 2013 comme secrétaire général de mon département. Membre du PLR, il avait été nommé à ce poste de haute responsabilité par mon prédécesseur (PLR lui aussi) Claude Roch, à la va-vite, via une procédure interne avec un candidat unique. Si je l’avais limogé alors, j’entends d’ici les hurlements de M. Felley et de ses amis radicaux : « Freysinger entame la purge politique du DFS! »

Le déplacement de M. Cleusix à la tête du Service de l’enseignement, en revanche, a fait l’objet d’une procédure régulière et ouverte où il a, bêtement, recueilli la meilleure note.

Les « erreurs de casting », s’il y en a, sont antérieures à mon arrivée au conseil d’Etat. Mais à l’époque, ni M. Felley, ni la plupart de ses collègues journalistes ne trouvaient rien à redire à la cooptation et au copinage politique.

Nice (poème)

Il s’est taillé un boulevard

Dans la chair vive de la fête,

C’était sa piste de départ

Vers son grand Dieu et son prophète.

 

Franchissant toutes les barrières

À l’appel mortel de sa loi

Il a déroulé sa prière

Comme un tapis pesant et froid.

 

C’était un tapis de mensonges

Tissé de songes démembrés,

C’était un dernier coup d’éponge

Pour effacer sa vie ratée.

 

Porté par l’espérance niaise

D’avoir vécu grâce à la mort,

Ce fou a filé à l’anglaise

En comptant les trous de son corps.

 

Les vierges au paradis d’Allah

L’ont frustré de tous ses espoirs

Niquer avec une passoire

Ça ne les intéressait pas !

Migraine migratoire

En politique, il vaut mieux avoir le cuir épais. Cela fait bientôt vingt ans que j’en fais et je croyais avoir tout entendu. Mais ça…

Ce 8 août 2016, j’ai eu un débat, à Forum sur la RTS1, avec M. Robert Cramer au sujet de la crise des migrants.

Cette crise nous frappe, nous les Suisses, comme tous les autres pays d’Europe occidentale, à ce détail près que nous n’y sommes pour rien. Nous n’avons ni participé à la déstabilisation du Moyen-Orient comme nos voisins de l’OTAN, ni invité ces populations à affluer chez nous comme l’a fait Mme Merkel.

Pour ma part, en tant qu’élu du peuple valaisan en charge de sa sécurité et en tant que vice-président du premier parti de Suisse, les choses sont claires. Les élus suisses ont pour mandat prioritaire d’assurer la sécurité et le bien-être de la population qui les élit et qui les entretient. Il est évident que dans un monde instable et interactif, aucun pays n’est une île. Mais il est évident, aussi, que nous ne pouvons contribuer à le stabiliser que là où se trouve notre sphère d’influence.

En un mot comme en cent : les autorités suisses n’ont pas d’autre mandat que de protéger la Suisse et ses frontières. Tout le reste relève au mieux de la diplomatie, au pire de l’arbitraire.

Cet été 2016, la pression migratoire a été plus forte aux frontières de l’Europe et aux nôtres que l’été précédent. A cette différence près qu’elle a été beaucoup moins médiatisée. Il est une autre différence qui devrait encore plus nous préoccuper: il y a de moins de moins de familles et de plus en plus de jeunes adultes de sexe masculin. Et il y a de moins en moins de réfugiés provenant de zones de guerre et de plus en plus d’individus dont l’origine ne justifie pas a priori le statut de réfugiés.

Par-dessus le marché — et c’est l’essentiel de notre problème, à nous Suisses —, ces individus-là refusent de s’arrêter au premier pays sûr qu’ils touchent, à savoir la Grèce ou l’Italie. Ces deux pays ne subissent plus ni le fascisme de Mussolini ni la dictature des colonels, il n’y a donc aucune raison que de vrais réfugiés refusent de s’y enregistrer.

Or ces migrants-là ne veulent rien savoir de l’Europe du Sud. Ils visent le Nord, essentiellement l’Allemagne. La pression même que notre pays subit de ce fait est la preuve que les mobiles de cette migration de masse ne sont pas humanitaires, mais socio-économiques et sans doute, pour une partie, politiques.

Si les autorités fédérales persistent à faire comme si de rien n’était et à fermer les yeux sur cette industrie de la migration, les cantons limitrophes de l’Italie s’alarment et, faute de réaction à Berne, prennent la responsabilité de contenir le flux avant qu’il devienne incontrôlable.

C’est dans ce contexte plus qu’alarmant que j’ai entendu des interlocuteurs se préoccuper avant tout de «l’image de la Suisse» dans la presse étrangère. C’est dans cette situation de crise plus grave que tout ce que notre pays a connu depuis 1945 que mon interlocuteur, M. Robert Cramer, sénateur du peuple suisse, a recommandé aux douaniers de « regarder de l’autre côté ». Il m’a fallu réécouter l’émission pour m’assurer que j’avais bien entendu un législateur suisse recommander de s’asseoir sur la loi!

Cette absurdité donne la mesure de l’impasse où l’idéologie sans-frontiériste d’une certaine élite ont conduit le pays. Ils s’efforcent déjà de soumettre notre démocratie directe aux diktats de l’Union Européenne. Vont-ils encore sacrifier les lois de notre pays, notre Constitution et la volonté de notre peuple à leur besoin maladif de se faire bien voir des élites cooptées ou à peine élues qui dirigent l’UE?

Ecouter ici:

http://www.rts.ch/play/radio/-/audio/accueil-des-migrants-la-suisse-est-elle-trop-severe-au-tessin?id=7914179