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Que signifie pour nous la victoire de Trump?

Victoire de Trump

Il est difficile, vu de chez nous, de dire du bien de Donald Trump. Il nous apparaît grossier, vulgaire, et on ne peut en tout cas pas cautionner ses propos sur les femmes. Cependant, il y a un phénomène Trump qui se situe au-delà du citoyen Donald.

Comme l’a fait observer Markus Somm, de la Basler Zeitung, il y a plusieurs perdants dans les élections U. S. qui viennent de se terminer, et ils ne sont même pas tous aux Etats-Unis.

Il y a bien entendu le camp Clinton et toute cette frange du Parti démocrate que l’odeur rance des conflits d’intérêts, de l’argent saoudien et des divers trafics d’influence ne dérange pas.

Il y a, bien entendu, les 96% de médias américains qui ont tablé sur la victoire de Hillary et traité le 45e président comme un âne bâté et un demeuré.

Mais il y a aussi une catégorie de perdants qui nous concernent directement. Ce sont nos médias «à nous», qui se sont engagés dans le militantisme pro-Clinton avec une passion identique à celle de leurs collègues d’outre-Atlantique.

Pourquoi tant de parti pris? Sommes-nous le 52e Etat des States? L’ensemble de nos médias — y compris le service public payé par nos impôts — fait-il partie de l’équipe de campagne de la Fondation Clinton?

Le mystère reste entier! Quoi qu’il en soit, l’ensemble des médias du monde occidental se sont totalement discrédités. Selon une étude, 96% d’entre eux se sont rangés plus ou moins ouvertement dans le camp d’Hillary. Et les fausses «repentances» de ces derniers jours n’auront trompé personne. D’autant qu’elles auront servi, au passage, à rajouter une couche contre le président et ses «clones» ou partisans chez nous, en Europe.

La deuxième grande victime de cette élection est l’édifice idéologique du «politiquement correct». De même que la pensée marxiste régnait, il y a 30 ans, dans nos universités, nos rédactions et les écoles grâce à la puissance géopolitique et impériale de l’URSS, de même l’idéologie globaliste-politiquement correcte-LGBT s’adossait à sa «centrale» globale d’Outre-Atlantique. Il y a fort à parier, vu la nouvelle équipe dirigeante, que ce courant de pensée aura fort à faire à se maintenir dans ses fiefs américains et davantage encore chez nous. Car, avec cette élection, la bonde est ouverte. Ce qu’il était courant de penser, mais impensable d’exprimer, a désormais pignon sur rue.

Mais il n’y a évidemment pas que des victimes. Comme l’a fait observer le «Matin» du 15 novembre 2016, les idées qui ont conduit à la victoire Trump sont déjà largement répandues en Suisse, et même mises en application (sans que notre pays soit devenu un camp de concentration nazi!). Et elles le sont grâce à un seul parti, l’UDC. Le nouvel élan national, souverainiste et local-patriotique de la plus grande puissance du monde ne pourra que donner des ailes à notre parti.

Parallèlement à cela, et vu l’ampleur du «Tchernobyl médiatique» qu’aura constitué cette élection, il est évident que les médias dits «traditionnels», qui ont totalement failli à leur devoir d’information en cédant à leur penchant de moralisation, vont concéder de considérables parts de marché à l’«alter-information» de l’internet — conservatrice ou gauchiste, peu importe — qui a eu le mérite, pour une bonne part, de maintenir son équilibre mental ou, à tout le moins, de donner la voix au camp aujourd’hui victorieux… et qui était traité en pestiféré une minute encore avant le basculement du balancier électoral.

La première conséquence de cette élection pour nous qui ne sommes pas Américains, c’est sans doute une baisse de la tension internationale (entre USA et Russie) qui menaçait de déboucher en guerre mondiale. La deuxième, moins visible, mais plus durable, est la remise en question de l’ensemble du système d’information «officiel» — et du système de formation des acteurs de l’information — qui a abouti à une telle déformation de la réalité.

Les «alter-médias» ont de beaux jours devant eux. Et plus on entendra les dénigrer, plus on saura qu’ils ont tapé juste.