Identité – proximité- sécurité

Ces trois thèmes représentent les axes essentiels de l’action politique de l’UDC. En préambule de nos lignes directrices, il convient de les traiter un à un en esquissant toutes les conséquences qu’impliquerait, pour notre pays, le fait de les négliger.

I Identité

L’UDC est le seul parti, en Suisse, qui ose poser la question identitaire. Or, cette question est vitale pour la survie de l’Etat Nation. Qui sommes nous ? Quelles sont nos racines ? Sur la base de quelles valeurs la communauté nationale s’est elle construite ? Et comment défendre notre patrimoine culturel ? Voilà des questions qu’il vaut la peine de se poser et qui fâchent tous ceux qui n’ont d’autre but que de fondre la petite Suisse dans l’empire UE qui l’entoure.

Depuis la deuxième guerre mondiale, des esprits dits « éclairés » cherchent à « globaliser les consciences », à « décloisonner la pensée ». La liberté, disent-ils, s’est de s’ouvrir à tout, s’est de faire tomber toute limite entre les différentes identités, ethnies et nations. Ce que provoquent ces gens en mélangeant tout, c’est une sorte de génocide de la disparité, une extinction des différences. Car l’identité se construit à partir d’un paysage émotionnel constitué d’une terre particulière, peuplée de traditions, de coutumes, de valeurs.

Or, la modernité dite « globale » veut justement éradiquer tout cela. Elle n’a pas compris que c’est parce que l’autre est différent de moi qu’il me permet d’être ouvert et tolérant envers lui. Elle n’a pas compris que c’est justement parce que nous sommes tous uniques grâce à notre identité propre et irremplaçable que notre humanité commune nous unit. Oui, ce n’est qu’en restant autre que l’autre peut m’enrichir et que je puis lui apporter quelque chose en retour.

La pseudo-tolérance proclamée sur toutes les ondes depuis mai 68 n’est qu’un leurre, car la vraie tolérance est quelque-chose qui exige un effort, c’est une qualité qui ne supporte pas le nivellement par le bas. Etre tolérant pour l’infiniment même n’est pas un exploit.

Or, la mondialisation actuelle cherche à détruire la coexistence de visions du monde différentes, de systèmes politiques divergents, de valeurs contradictoires. Par un déplacement systématique des foules humaines et des marchandises, elle cherche à créer un énorme « melting pot » planétaire où l’homme n’est plus que l’ombre de lui-même, elle instaure une sorte de société globale diffuse ou tout se vaut, où rien ne se distingue plus dans la promiscuité d’âmes errantes et terriblement vides.

La société globale est ainsi à la dignité humaine ce que le hamburger est à la haute cuisine. C’est peut-être rassurant de savoir qu’un Hamburger a strictement le même goût et la même consistance partout dans le monde, mais cela ne permet aucunement de vivre pleinement. Au plus, les hommes se content-ils de survivre tristement avec, dans un recoin de la mémoire, une vague nostalgie de saveurs oubliées. Non, l’identité, ça ne s’égalise pas, ça ne se nivelle pas, vendre son identité équivaut à vendre quelque chose qui n’a pas de prix, car ce faisant, c’est son âme que l’on vend au diable.

II proximité

« Aime ton prochain comme toi-même ! » A ce jour, aucun concept régissant la cohabitation humaine n’a égalé de près ou de loin le génie de ce simple précepte chrétien. Là où les difficultés apparaissent, c’est dans son application. L’on peut bien être d’accord sur le fait que tous les humains sont des frères et donc nos proches, mais on réalise aussitôt que celui qui embrasse trop de monde embrasse mal. La fraternité globale, l’amour pour le monde entier, voilà bien des coquilles vides ne cherchant qu’à culpabiliser ceux qui cherchent à privilégier la qualité sur la quantité, la proximité sur l’éloignement.

Or, en quoi le frère humain lointain avec qui je n’ai encore rien partagé, dont j’ignore le caractère profond, qui n’est mon proche qu’en théorie, devrait-il être considéré comme plus proche que celui dont je partage le quotidien, les soucis, les responsabilités : mon concitoyen Suisse ? Pourquoi, afin de favoriser l’économie d’un coin de planète lointain, devrais-je négliger le producteur de chez moi, l’artisan du coin, le travailleur indigène dont le labeur contribue à élever le niveau de la société dans laquelle je vis ? Si, pour être ouvert et tolérant et embrasser le monde entier, il faut nécessairement défavoriser mon prochain réel en favorisant le prochain virtuel que la pensée globale m’impose, alors je n’aurai bientôt plus de proches à aimer.

Le drame actuel, c’est que l’on détruit des pans entiers de l’économie de proximité pour faire venir d’ailleurs, à grands renforts d’énergie dilapidée et de pollution, ce que l’on aurait très bien et même pu mieux produire chez nous. Mais voilà, le consommateur globalisé doit pouvoir consommer de tout en tous temps. Le décloisonnement dicté par le haut fait disparaître les saisons, les frontières et les distances. Tout doit être proche à tout moment, même si le prix à payer, c’est l’aliénation de ceux qui n’acceptent pas de voir leur travail bradé à vil prix. Ce que l’on veut, c’est transformer l’homme en pièce de rechange infiniment remplaçable, déplaçable, jetable, en nomade économique. Or, les chômeurs de tous les pays ont une chose en commun : Ils ne sont plus proches de personne, car ils sont exclus de tout, ils trainent leur âme en peine comme des morts vivants que l’on maintient sous perfusion par un peu d’argent étatique. Le proche devient ainsi lointain, il dépérit dans un cercle vicieux dévastateur, se mure dans son désespoir.

L’économie globalisée n’en a cure, elle continue à prôner le décloisonnement et l’ouverture. Les grandes banques achètent des actions pourries aux Etats Unis plutôt que de sauver la compagnie d’aviation nationale ou d’accorder un crédit intelligent aux PME Suisses, aux entrepreneurs du crû, forces vives de notre pays. Les œuvres d’entraide continuent à prôner l’aide aux plus démunis de l’autre bout du monde, dont la télévision et l’internet rendent la misère plus proche que la souffrance du voisin de palier désœuvré. Il est vrai qu’il est plus facile de délocaliser et de jouer avec les destins humains à des milliers de kilomètres de distance que de créer des places de travail pour le concitoyen trop proche, trop exigeant, et dont la souffrance est trop visible en cas de licenciement. Il est vrai aussi qu’il est plus facile de se donner bonne conscience en faisant de temps en temps un don à la misère lointaine plutôt que de s’attaquer à bras le corps à la misère qui règne dans le plus proche voisinage.

Le prix à payer pour cette évolution inquiétante est exorbitant. A force de vouloir être proches du monde entier, nous nous perdons nous-mêmes dans la solitude la plus affligeante. Lorsqu’il n’y a plus rien de lointain, plus rien d’étranger, il n’y a plus rien de proche non plus.

La solution, c’est que nous balayions d’abord devant notre porte, que nous tendions d’abord la main au frère réel au bord du chemin avant de vouloir faire le bien des si lointains proches du désert des tartares. Cette attitude n’a rien d’égoïste, elle procède tout simplement du plus élémentaire bon sens.

III Sécurité

Le choc culturel engendré par la nomadisation des peuples crée une situation en certains points analogue à celle des grandes migrations qui ont marqué la fin de l’empire romain. Au lieu de se retrouver dans des conflits classiques opposant des Etats, c’est une guerre civile généralisée entre quartiers, ethnies et groupes sociaux qui s’installe. Or, la violence urbaine et le sentiment d’insécurité qui sont en train de se répandre dans les villes européennes et suisses permettent à une élite d’instaurer peu à peu, sous le couvert de la protection des libertés citoyennes, la limitation de celles-ci.

Ayant fait tomber tous les cordons sanitaires entourant les espaces de liberté que constituaient les Etats nations, les élites politiques, principal vecteur de cette évolution, proposent l’établissement d’un état policier pour compenser la perte de sécurité. Sachant que le bon peuple ne prend rien plus en horreur que le chaos et qu’il est même disposé à sacrifier une partie de sa liberté pour que l’ordre public soit rétabli, ces esprits machiavéliques installent un contrôle permanent de tous les citoyens sur tout le territoire national. D’homme libre, le citoyen devient un suspect en puissance dont il faut espionner les habitudes économiques, sociales, alimentaires, sexuelles et politiques. Des moyens policiers transgressant les règles de la protection des données font voler en éclat la sphère privée. D’énormes banques de données sont nourries de nos faits et gestes, presque toujours à notre insu, sous le prétexte que la protection de la liberté vaut bien quelques sacrifices. Or, une liberté emmurée n’est plus la liberté, une vie momifiée par des règles de sécurité n’est plus une vie. Peu à peu, le système glisse vers un totalitarisme « soft » dans le cadre duquel les pompiers pyromanes qui ont créé le chaos proposent de le circonscrire au prix de notre liberté. Bientôt, le remède sera aussi effrayant que le mal qu’il prétend combattre.

Cette évolution qui consiste à détruire la liberté au nom de la liberté dans un monde devenu incertain a été très tôt annoncée par certains auteurs futuristes du siècle dernier tels Orwell, Huxley et Bradbury. Le but de ce processus est de forcer le citoyen à se claquemurer chez lui, à prendre pour vérité les inepties quotidiennes d’une télévision étatique dévoyée et de laisser l’Etat s’occuper du reste, de tout le reste. Or, accepter cela, c’est brader la responsabilité civile et la démocratie directe, c’est devenir un rouage dans un système instaurant une sécurité sans liberté, une égalité sans humanité et un monde de loisirs sans bonheur.

Le seul moyen de s’opposer à cette évolution inquiétante consiste à combattre les sources de l’insécurité avant que celle-ci ne se soit insérée à tous les niveaux du corps social telles les métastases d’un cancer. La société Suisse est une société ouverte comptant le plus grand nombre d’étrangers par rapport à sa population en Europe. Pour ne pas mettre en péril cet équilibre fragile il faut empêcher toutes les mafias du monde d’y établir leurs succursales et cesser d’être laxistes envers les criminels qui ont choisi le territoire national Suisse comme territoire de chasse. Ce n’est qu’en éradiquant le mal à la racine que les Suisses parviendront à vivre en sécurité et libres malgré tout. Depuis l’abandon des contrôles stricts aux frontières, les cambriolages se sont démultipliés dans l’arc lémanique. Demain, ce sera au tour des Valaisans de ne plus être en sécurité chez eux. Après demain, nos enfants seront prisonniers dans leur propre pays. Les citoyens Suisses doivent rester sur leurs gardes et agir aujourd’hui déjà en empêchant, par une immigration jugulée, l’établissement de ghettos culturels, donc du communautarisme, et l’apparition d’un droit parallèle contraire aux droits de l’homme et aux principes de l’Etat de droit. Lorsque ces phénomènes se seront répandus dans le corps social, il sera trop tard. Et la Suisse, plus vieille démocratie du monde après 500 d’histoire, risque alors de voir sa cohésion sociale et sa démocratie directe voler en éclats.

Oskar Freysinger

Conseiller national et président de l’UDCVR

 
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